
Arnaud Chamey, mon ingenieur du son, est guerrier, juste dévoué à sa cause.
Après avoir complètement recablé le systeme sono du centre WBI de Kin pendant 2 jours, il est arrivé sur le plateau de Lubum vers 9h du mat pour installer le PA et le backline (son et instruments) avec Emile le directeur technique du centre mais qui n’est pas à l’aise dans le rôle de roady. Ils ont du faire venir 3 systèmes de sono avant d’en avoir un qui fonctionne ! Du coup, à la bourre…
Ils bossent sans bouffer jusqu’a 18 heures …heure du concert RJ Kaniera; le groupe phare de la scène locale avec qui nous partageons la scène.
Mais le matos l’a abandonné, lui a jeté un fétiche à l’heure du gig avec les micros qui sifflent, le retour de Dizzy qui rend l’âme juste avant de monter sur scène, quelqu’un en voulant prendre une photos débranche le côté gauche de la facade son, changement de micro à répétition pendant le concert, Didier se plaint de ne pas s’entendre non plus…
Mais on doit assurer l’essentiel et faire le show comme si de rien n’était.
Plus tôt dans la journée, le directeur du centre français insistait sur le fait que le public lushois est peu expensif, peu démonstratif; que l’audience reste assise tous le long. Mais au moment de démarrer le concert, on se rend compte que cette configuration assise ne fonctionnera pas. On joue en extérieur, dans la cour du centre et le public s’entasse dans le fond de la cour et à l’intérieur du hall d’entrée, amassé derrière les grandes vitres. Personne n’ose avancer dans la cour ou même se mettre au milieu des chaises, les consignes sont suivies à la lettre. Ces chaises qui se trouvent à 6-7 mètres de la scène pour laisser de l’espace aux danses éventuelles…
C’est la première date de la tournée qui n’est pas sur invitation, le concert est gratuit et le public est jeune et assez branché rap. Mais on n’ arrivera jamais à captiver cette audience ou du moins à l’enthousiasmer. Même pas avec “..congo” car n’ayant pas la culture du rappel, le public quitte la salle et avant que l’on ne comprenne ce qui se passe, nous sommes déjà en loge.
Même le lancé de guitare dans le dos de Dizzy sur ‘kesho’ n’y fera rien.
Le directeur du centre m’avait demandé qu’au moment de monter sur scène, je dise que RJ Kaniera allait nous rejoindre pour un duo. Dans le cas contraire, nous allions jouer devant une assemblée clairsemée car la majorité des gens venaient juste pour le voir…Il n’en fut rien ! On ne refuse jamais de collaborer avec des artistes mais pas quand c’est orchestrer….Donc je n’ai pas suivi ce conseil avisé.
Les réactions de l’audience pour leur héros local (il a été elu meilleur artiste rap/urbain du Congo et il est sélectionné pour représenter la RDC lors du prochain Gabao festival fin juin) seront du même acabit: tièdes et polies.
RJ est un band composé d’un rappeur lead, un backer, une chanteuse, un dj et 2 danseurs. Ils dansent tous synchro façon dancehall avec des chorégraphies ” helicopta” façon elephant man ou chris (toaster français) pour une vibe dombolo-ragga consciente.
Lubumbashi indomptable et intraitable…
On quitte la ville au petite heures pour retourner à Kinshasa, après une second visite à l’exceptionnel restaurant ‘Versailles’.
Affaire à suivre pour tous